Le PICS

Le « PICS » ou « post-intensive care syndrome » ou encore en français « syndrome post-réanimation » est le terme qui recouvre les conséquences d’un séjour en réanimation. Il touche 50 à 70% des patients qui ont fait un séjour en réanimation, et se manifeste de multiple façons, avec plus ou moins d’intensité. On compte trois grandes catégories de symptômes du PICS : les symptômes physiques, psychologiques et cognitifs.

Les symptômes physiques du PICS

La maladie qui amène en réanimation, le simple alitement prolongé et les thérapeutiques invasives mises en oeuvre pour sauver la vie du patient peuvent laisser des conséquences importantes sur le corps du patient. 

 

Les conséquences physiques sont souvent les plus visibles et celles qui sont prises en charge le plus systématiquement, néanmoins, si certaines de ces conséquences peuvent être très importantes et évidentes, d’autres peuvent être très discrètes, définitives ou temporaires. Certaines sont peu graves sur le plan médical mais très gênantes au quotidien. Toutes méritent d’être discutées avec l’équipe soignante qui entoure le patient en post-réanimation afin d’optimiser sa meilleure récupération. 

 

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Les symptômes psychologiques du PICS

Le passage en réanimation est un épisode difficile de la vie d’une personne et les vécus du séjour peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé psychologique du patient. 

 

Le fait d’être hospitalisé en réanimation peut souvent (et à juste titre) confronter les patients à leur propre mortalité, à leur vulnérabilité. Voir son pronostic vital engagé n’est pas anodin : cela confronte à sa propre finitude et cela peut parfois constituer un événement traumatique . L’amnésie, fréquente en réanimation, peut rendre le traitement de cela plus difficile, et le delirium, qui laisse souvent des souvenirs plus réels et plus vifs que les souvenirs des événements qui se sont effectivement déroulés, peut être extrêmement déroutant pour le patient qui cherche à comprendre ce qu’il s’est passé. 

 

Par la suite, après la sortie, les patients se retrouvent en rééducation, font face à la « faiblesse acquise en réanimation », une dénomination qui recouvre la fonte musculaire et certaines atteintes neuropathiques fréquentes, et traversent souvent des périodes très difficiles dans la reconquête pleine ou partielle de leur autonomie et de ses capacités. Le retour au travail n’est souvent pas possible tout de suite, la réappropriation de son rôle familial et social peut être impacté. Tout cela concourt à peser sur l’état psychologique des patients. 

Pour une convalescence post-réanimation optimale, il est important de prendre en compte les aspects psychologiques. 

 

Les symptômes cognitifs du PICS

Après un séjour en réanimation, l’agression de la maladie elle-même, de ses complications et l’effet de certains médicaments peuvent engendrer des troubles cognitifs et neurologiques pour le patient. 

Ces troubles sont souvent les plus discrets du point de vue de l’entourage, et pourtant les plus angoissants et les plus difficiles à accepter pour le patient qui se sent limité dans sa gestion de la vie quotidienne. Une prise en charge précoce en post-réanimation, notamment par des orthophonistes, peut faciliter la récupération de certaines fonctions qui semblent altérées.

 

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Et les proches ?

Les proches aussi peuvent développer un syndrome post-réanimation. Dans la littérature scientifique on parle de « PICS-Family » ou « PICS-F ». 

Le PICS-F comprend tous les symptômes psychologiques vécus par les proches après avoir accompagné un patient en réanimation : anxiété et troubles anxieux, dépression, stress-post-traumatique, et le cas échéant, deuil compliqué. 

Une prise en charge psychologique peut-être particulièrement précieuse pour se sentir mieux et revenir plus vite à une vie normale et sereine.